le droit de l'animal đŸ•đŸˆđŸ–đŸ„đŸ‘đŸ„đŸ

Charlotte Arnal - La marche des animaux !


Elle est partie de Montpellier à pied pour un périple de 2500 km à travers la France afin d'alerter sur la condition animale et a fait une halte dans le studio de la radio Le Chantier, à Clermont-Ferrand. Elle a pu évoquer à nos micros les raisons profondes de son action qui la mÚnera devant l'Assemblée nationale le 4 octobre prochain !


Audio - https://soundcloud.com/londeporteuse/charlotte-arnal-la-marche-des-animaux

Bibliographie

Ethique de la considĂ©ration - Corine Pelluchon
Pourquoi avons-nous tant de mal Ă  changer nos styles de vie alors que plus personne ne peut nier que notre modĂšle de dĂ©veloppement a un impact destructeur sur le plan Ă©cologique et social ni douter de l’intensitĂ© des violences infligĂ©es aux animaux ?
http://www.seuil.com/ouvrage/ethique-de-la-consideration-corine-pelluchon/9782021321593


L214


PrĂšs de 1000 abattoirs tournent Ă  plein rĂ©gime en France dans une parfaite opacitĂ©, tuant plus de 3 millions d’animaux chaque jour.
Source : L214 Ă©thique & animaux @L214 - 28 fĂ©vrier 2020 (Twitter) - https://twitter.com/L214



L'OABA


L’OABA est une association de protection des animaux de l’élevage Ă  l’abattage. Elle lutte contre la maltraitance animale, les mauvaises pratiques en abattoirs et sensibilise Ă  la consommation responsable en faveur du bien-ĂȘtre animal.
L’OABA est reconnue d’utilitĂ© publique depuis 1965.
FondĂ©e en 1961, l’OABA a obtenu dĂšs 1964 une avancĂ©e significative pour la cause animale : le dĂ©cret « d’abattage humanitaire » rendant obligatoire l’étourdissement prĂ©alable Ă  la saignĂ©e de tout animal, pour le priver de sensibilitĂ© et de conscience lors de la saignĂ©e.
L’OABA ne cesse depuis de faire amĂ©liorer et gĂ©nĂ©raliser les conditions d’abattage avec Ă©tourdissement mĂȘme dans le cadre de dĂ©rogations pour abattage rituel en abattoirs. L’OABA est de ce fait membre du ComitĂ© National d’Ethique des Abattoirs (CNEAb) depuis sa crĂ©ation en 2017.
L’association a pour vocation d’assister, de dĂ©fendre et de protĂ©ger par tous les moyens appropriĂ©s que permet la loi, les animaux de ferme, les animaux d’élevage et les animaux d’abattoirs, de les soustraire de toute souffrance et d’agir en faveur d’une considĂ©ration de pratiques respectueuses et responsables Ă  leur Ă©gard.
L’OABA Ɠuvre pour le bien-ĂȘtre animal Ă  tous les stades de l’existence des animaux, de l’hĂ©bergement, au transport jusqu’à leur fin de vie. Avec ses experts, elle sensibilise les acteurs de la filiĂšre en leur proposant des audits indĂ©pendants dans les abattoirs et facilite les dĂ©marches d’information ou d’étiquetage Ă  destination du consommateur pour l’éclairer sur les produits qui respectent les meilleures conditions de bien-ĂȘtre animal. C’est ainsi qu’elle obtient en 2019, aprĂšs 7 annĂ©es de procĂ©dure judiciaire, l’interdiction de l’abattage des animaux sans Ă©tourdissement pour la certification des viandes Bio (label AB, standard de bien-ĂȘtre animal le plus Ă©levĂ©).
L’OABA est forte aujourd’hui de toute l’énergie que lui a transmis sa fondatrice depuis 1961, Jacqueline Gilardoni, aprĂšs des annĂ©es Ă  Ɠuvrer pour amĂ©liorer la condition des animaux en abattoirs en s’entourant d’experts scientifiques, vĂ©tĂ©rinaires, juridiques et de personnalitĂ©s soucieuses de protĂ©ger les animaux.
Reconnue d’utilitĂ© publique en 1965, l’association prĂ©sente dĂ©sormais des valeurs fortes et solides indispensables pour combattre la dĂ©shumanisation de la mise Ă  mort des animaux de ferme et d’élevage en s’appuyant sur une Ă©quipe d’experts en protection animale et en sensibilisant aux pratiques respectueuses de la conscience et la douleur de chaque ĂȘtre vivant mĂȘme au moment de l’abattage. SystĂ©matiser l’abattage avec Ă©tourdissement prĂ©alable en abattoirs pour toutes les espĂšces animales en est le principal combat ; il ne pourrait se faire sans le soutien et la fidĂ©litĂ© de nos adhĂ©rents et donateurs en France. - Source : https://oaba.fr


Digression ?


Le Monde / Le Monde des Livres - vendredi 28 février 2020 - p. LIV3

Dans son essai « Pour une écologie du sensible », le chercheur défend la nécessité d'appréhender le vivant dans sa continuité, par l'engagement de tous les sens.

Jacques Tassin : « Je plaide pour une écologie du désir, de la joie »

Propos recueillis par Serge Audier et Florent Georgesco

Chercheur en écologie végétale au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), auteur de plusieurs essais, dont A quoi pensent les plantes ? (Odile Jacob, 2016), Jacques Tassin vient de publier Pour une écologie du sensible.

La raison, écrivez-vous, « est allée trop loin, trop seule » et, en s'isolant du sensible, a fait de nous « des étrangers sur notre Terre . A quand remonte cette rupture ?

Le processus trouve son aboutissement chez Descartes, qui Ă©crit, dans ses MĂ©ditations mĂ©taphysiques (1641) : « J'ai une claire et distincte idĂ©e de moi-mĂȘme, en tant que je suis seulement une chose qui pense et non Ă©tendue », et ajoute : « J'ai une idĂ©e distincte du corps, en tant qu'il est seulement une chose Ă©tendue et qui ne pense point. » Cela remonte loin, on peut aller jusqu'Ă  DĂ©mocrite ou Platon, dont on retrouve la conception gĂ©omĂ©trique du monde, au dĂ©but de l'Ăšre moderne, chez GalilĂ©e, mais Descartes est le point d'aboutissement de cette histoire. Le fil du sensible s'effilochait dĂ©jĂ . Il a fini par se rompre.

Vous parlez d'un malentendu sur la nature mĂȘme de la raison...

Oui, parce que, en rĂ©alitĂ©, comme le philosophe Maurice Merleau-Ponty [1908-1961] l'a dĂ©montrĂ©, la raison commence par le sensible. Elle se manifeste en aval de ce que nos sens nous permettent d'en percevoir. La raison vient ensuite, en relais, ou en surplomb. Je ne dis d'ailleurs pas qu'il faudrait y renoncer. Surtout pas. La raison est une force. Nous sommes naturellement de pauvres singes plutĂŽt dĂ©munis et, sans elle, nous aurions du mal Ă  nous dĂ©brouiller. Mais le sensible est une disposition Ă  aller de l'avant, vers ce qui n'est pas soi, en Ă©tablissant une continuitĂ© avec l'ensemble du vivant : s'en couper nous Ă©loigne du monde. Je cite le livre de Bruno Latour, OĂč atterrir ?[La DĂ©couverte, 2017]. Nous nous sommes mis en position satellitaire, loin de la Terre, loin des rĂ©alitĂ©s, qui sont d'abord sensibles. Certes, l'humanitĂ© pilote bien la matiĂšre, si je puis dire. La raison est efficace. Mais on en reste lĂ , loin de la vie, et il est urgent d'atterrir.

Vous critiquez les approches qui dominent aujourd'hui l'Ă©cologie, aussi bien scientifiques que politiques. En quoi vous paraissent-elles insuffisantes ?

Elles demeurent dans une appréhension conceptuelle, quantifiée, du vivant, une sorte d'approche comptable. C'est ce que j'observe dans l'usage du terme paradoxal de « biodiversité » : comment un mot suffirait-il à contenir toute la diversité du vivant ? Il ne faut pas s'étonner que cette « biodiversité » disparaisse sous nos yeux, si nous remplaçons ce qui est devant nous par un concept. Quand j'ai eu la chance de faire partie de l'IPBES, la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques, je me suis aperçu que les scientifiques procédaient de leur maniÚre coutumiÚre : ils allaient dans le sens du recueil de données, de la numérisation, de la quantification. C'est un niveau trÚs faible d'appréhension du vivant.

N'avez-vous pas le sentiment que le désir d' « atterrissage » est pourtant trÚs présent dans la société ?

Il est lĂ , bien sĂ»r. Mais beaucoup ne savent pas comment procĂ©der et se perdent dans des piĂšges ou des excĂšs. On le voit dans les mouvements de jeunes, que par ailleurs j'admire : il y a encore de la distanciation, de l'hyperintellectualisation. Certains tombent dans le panneau d'une Ă©cologie de derriĂšre les Ă©crans. D'autres, dans le catastrophisme, la peur. Rien de tout cela ne va dans le bon sens. Il faut partir de l'expĂ©rience concrĂšte, et cela le plus tĂŽt possible, dĂšs l'Ă©cole : on doit apprendre aux enfants Ă  Ă©couter, Ă  regarder, Ă  sentir, Ă  Ă©veiller leur attention au vivant. Je plaide pour une Ă©cologie du dĂ©sir, de la joie, qui fasse dĂ©couvrir, par l'engagement de tous les sens dans la continuitĂ© du vivant, qu'un des grands bonheurs de l'existence est, prĂ©cisĂ©ment, d'exister : d'ĂȘtre plongĂ© dans le monde. C'est aussi simple que cela.

Le risque, dans une telle redécouverte de la continuité, n'est-il pas d'abolir les différences ?

Mais non, pas du tout ! Je vais vous donner un exemple. Je m'intĂ©resse beaucoup aux arbres, je leur ai mĂȘme consacrĂ© mon prĂ©cĂ©dent livre, Penser comme un arbre. Nous avons des liens trĂšs forts avec eux, depuis que nous sommes devenus des primates, il y a 65 millions d'annĂ©es. Il suffit de regarder nos mains : elles se sont faites au contact des arbres, en en Ă©pousant les formes, les textures... Mais il existe quelque chose qui s'appelle la sylvothĂ©rapie, une mĂ©thode de soin Ă  base de frĂ©quentation des arbres, oĂč l'on incite Ă  des relations presque affectueuses avec eux. Cela n'a plus de rapport avec cette longue familiaritĂ©, parce que cela revient Ă  nier, de maniĂšre anthro pocentrĂ©e, la rĂ©alitĂ© des arbres. C'est un accaparement, Ă  l'inverse du mouvement d'ouverture que je dĂ©fends. Je ne pense pas que nous baignions dans un grand tout : je voudrais, au contraire, redonner le goĂ»t et l'usage de la multiplicitĂ© des mondes.

Note(s) :
Pour une Ă©cologie du sensible, de Jacques Tassin, Odile Jacob, 206 p., 19,90 €. Signalons, du mĂȘme auteur, la parution en poche de Penser comme un arbre, Odile Jacob, « Poches », 142 p., 7,50 €.



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